Le potager communautaire, levier de résilience alimentaire
Contexte et problématique
Le projet « Le potager communautaire, levier de résilience alimentaire» s’inscrit dans la continuité du partenariat initié en 2022 avec le bureau Tunisie du Programme Alimentaire Mondial pour améliorer l’accès à une alimentation saine, locale et durable dans les écoles, tout en valorisant l’agriculture familiale. Il prolonge ainsi les actions engagées dans le cadre du projet « Alimentation scolaire basée sur les achats locaux des groupements de femmes rurales et renforcement de la surveillance de la sécurité alimentaire des communautés », durant lequel le Réseau Enfants de la Terre (RET) avait contribué dans trois écoles défavorisées (Séjoumi — Tunis, Bousalem — Jendouba, Boujrir — Bizerte) à l’installation de cantines scolaires, à la création de potagers éducatifs et à la sensibilisation à la nutrition saine et durable.
La nouvelle phase du projet vient répondre à plusieurs problématiques-clés : la persistance d’une alimentation déséquilibrée chez les enfants et l’insuffisante valorisation des ressources agricoles locales et des savoirs des groupements de développement agricoles (GDA). Elle maintient une forte dimension « sécurité alimentaire et nutritionnelle » dont les actions ciblent en priorité les personnes vulnérables et s’inscrit pleinement dans le cadre des Objectifs de Développement Durable (ODD).
En cohérence avec l’engagement de la Principauté de Monaco en faveur de systèmes alimentaires inclusifs et durables, le projet met l’accent sur l’appui aux GDA féminins comme levier stratégique pour assurer la sécurité alimentaire. Ces groupements, composés de femmes rurales actives et solidaires, constituent un acteur-clé dans la gestion des ressources locales, la diversification des cultures, la transformation des produits et leur mise en marché, tout en renforçant l’autonomie économique des femmes et leur rôle au sein de leurs communautés.
Enfin, ce projet entend élargir les acquis en renforçant l'implication de l'ensemble de la communauté locale des autres régions, en valorisant l’accompagnement des GDA (Séjoumi, Nefta, Ain Drahem) et en intégrant de nouveaux établissements scolaires : les écoles primaires d'El Alaa (Gouvernorat de Kairouan) et de Nefta (Tozeur). Les zones d’intervention ont été identifiées en cohérence avec les zones d’ancrage de la Coopération monégasque en Tunisie, des régions vulnérables où l’insécurité alimentaire, la précarité économique, des enjeux climatiques et l’érosion des pratiques agricoles locales sont particulièrement marquées. Ces choix sont appuyés par les constats du diagnostic réalisé dans le cadre de la phase précédente du projet, qui souligne l’intérêt d’une approche intégrée combinant nutrition, éducation, agriculture durable et mobilisation communautaire.
Bénéficiaires directs
- Plus de 90 femmes des 3 GDA féminins impliquées directement dans la gestion des potagers scolaires, gagnent en indépendance financière et développement des compétences en gestion, agriculture durable et commerce équitable, renforçant leurs rôles économiques au sein de la communauté pour assurer une sécurité alimentaire ;
- Plus de 500 élèves des écoles participantes acquièrent des compétences en agriculture durable, et renforce leur conscience liée à l’alimentation durable ;
- Plus de 15 agriculteurs locaux collaborent avec les écoles, valorisent leurs expertises, favorisent le partage de connaissances intergénérationnelles et peuvent offrir des futures opportunités.
- 50 enseignants, 5 directeurs et 10 ouvriers du corps éducatif participent à des formations sur la nutrition, l’agriculture durable et la gestion de projet.
Bénéficiaires indirects
- Plus de 500 familles des communautés locales, composée des familles des élèves et des agriculteurs qui bénéficient des actions de sensibilisation à une alimentation saine et locale, favorisant un changement de comportement vers des pratiques alimentaires plus responsables et durables.
- 5 associations locales participant au réseau d’apprentissage et d’action qui profite à la fois aux participants directs et à l’ensemble de la communauté, contribuant ainsi à une sensibilisation accrue et à des pratiques plus durables.
Objectif général du projet
Promouvoir une alimentation durable comme levier de résilience sociale, environnementale et éducative, en mobilisant les écoles et les communautés autour de pratiques agricoles équitables, inclusives et adaptées au changement climatique.
Objectifs spécifiques
OS1. Promouvoir des pratiques agricoles locales, inclusives et adaptées au changement climatique en favorisant la collaboration les groupements de développement agricole locaux, la communauté et l’école.
OS2. Renforcer l’éducation nutritionnelle des élèves et de la communauté à travers la création de jardins potagers pédagogiques et de clubs de sensibilisation à l’alimentation durable.
Résultats attendus
R1.1. Les trois Groupements de Développement Agricoles incluant des femmes et des jeunes vulnérables, sont renforcés dans leurs capacités organisationnelles, techniques et économiques, et pratiquent une agriculture durable et climato-résiliente (semences locales, irrigation économe, alternatives naturelles aux intrants chimiques), garantissant une production alimentaire saine et durable.
R1.2. Les GDA développent des partenariats et collaborent avec les écoles, les familles et les agriculteurs, pour approvisionner les cantines scolaires et les communautés locales en produits frais, nutritifs et issus de circuits courts, contribuant directement à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des enfants et des populations vulnérables.
R2.1. Les 5 écoles disposent de jardins potagers pédagogiques fonctionnels, intégrés aux activités éducatives et animés par des clubs scolaires de sensibilisation, qui promeuvent l’agroécologie et permettent aux élèves d’acquérir des connaissances pratiques ainsi que des comportements favorables à une alimentation saine et durable.
R2.2. Les écoles deviennent des pôles de sensibilisation communautaire aux enjeux climatiques et d'inclusion sociale. Les pratiques agroécologiques et adaptées au changement climatique sont diffusées et mises en valeur auprès des élèves, des familles et des acteurs locaux, à travers des formations, des démonstrations et des échanges de savoirs.