Ubuzima : Pour la vie et la santé durable des Personnes Vivant avec le VIH (PVVIH) au Burundi
Contexte et problématique
Le Burundi demeure l’un des pays les plus pauvres au monde. Selon la Banque mondiale, 74,2 % de la population vit sous le seuil international de 3 dollars/jour, tandis que le seuil national situe la pauvreté à 51 %. Le pays se classe 187ème sur 193 à l’Indice de Développement Humain 2023-2024, avec un indice de 0,426 et un Indice de Capital Humain de 0,39. Dans ce contexte, le renforcement de la santé communautaire et des moyens de vie durables est essentiel pour améliorer la résilience des populations les plus vulnérables, dont les Personnes Vivant avec le VIH (PVVIH).
La prévalence du VIH dans le pays est estimée à 0,9 % chez les adultes (15–49 ans), soit environ 79.000 PVVIH, d'après l'ONUSIDA (2024). Le Burundi a réalisé des progrès : 93 % des PVVIH connaissent leur statut, 97 % sont sous antirétroviraux (ARV), et 90 % présentent une charge virale indétectable selon l'OMS en 2023.
Ces moyennes masquent toutefois des inégalités persistantes : les jeunes (15–24 ans), les femmes, les PSH et les HSH restent les plus exposés. La stigmatisation et la discrimination freinent encore l’accès à la prévention, au dépistage et au traitement, en particulier dans les zones rurales. Le Burundi reste ainsi confronté à plusieurs défis structurels qui limitent la durabilité et l’équité de la réponse au VIH.
Les provinces rurales de Bururi et Rumonge, situées dans le sud-ouest du Burundi, sont particulièrement touchées par le manque de structures équipées, et concentrent plusieurs fragilités structurelles qui justifient une intervention ciblée : pauvreté rurale, infrastructures limitées et accès restreint aux services de santé, dans un contexte où les dynamiques géographiques accentuent les disparités. Leur configuration et leurs caractéristiques socio-économiques expliquent des obstacles spécifiques qui affectent directement la continuité des soins des PVVIH.
Ainsi, la continuité thérapeutique fragile, la vulnérabilité économique et la stigmatisation sociale s’alimentent mutuellement et entretiennent un cercle vicieux de pauvreté, d’exclusion et de rupture de soins. Le projet UBUZIMA vise à briser ce cycle en combinant accompagnement médical, psychosocial et économique, tout en renforçant les structures communautaires comme levier central de résilience et de santé durable dans les provinces ciblées.
Pour rappel, le Gouvernement Princier apporte son soutien à Fight Aids Monaco, qui mène des actions au Burundi -plus spécifiquement dans les provinces de Bururi et Rumonge- pour la prise en charge des PVVIH, depuis 2007, avec son partenaire local FVS-Amie des Enfants.
Bénéficiaires
Bénéficiaires directs : 260 PVVIH issues des provinces de Bururi et Rumonge (215 bénéficiaires actuellement suivis dans les centres médico-sociaux de FVS et 45 nouveaux cas identifiés au cours des trois années du projet).
Bénéficiaire indirects : Les membres des familles des PVVIH (conjoints, enfants, tuteurs et proches vivant au sein du même ménage) au nombre estimé de 783 personnes sur l’ensemble des deux provinces.
Objectif général
Contribuer à la lutte contre le VIH en améliorant la santé, la résilience et l’autonomie des PVVIH dans les provinces de Bururi et Rumonge.
Objectifs spécifiques
- Assurer aux PVVIH des provinces de Bururi et Rumonge un accès renforcé et continu à des services de santé communautaire de qualité.
- Renforcer l’autonomie socio-économique et la protection des droits des PVVIH dans les provinces de Bururi et Rumonge.
Résultats attendus
- Les nouveaux cas diagnostiqués VIH et les populations vulnérables accèdent à un dépistage renforcé, à une prise en charge communautaire précoce et à un accompagnement structuré favorisant leur enrôlement rapide et la stabilisation initiale de leur traitement.
- Les PVVIH sous traitement bénéficient d’un suivi médical, biologique et psychosocial intégré, permettant une coordination renforcée entre les acteurs de santé et une observance thérapeutique durable.
- Les PVVIH disposent d’AGR opérationnelles et fonctionnelles, leur permettant d’améliorer leur autonomie économique et la stabilité de leurs moyens de subsistance.
- Les PVVIH ont renforcé leurs capacités à se protéger contre les discriminations et la stigmatisation, leur permettant d’exercer leurs droits et de participer plus pleinement à la vie communautaire.